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11/25/2011

Comments

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Toutes mes félicitations pour ton excellent travail, très clair, que je trouve d'ailleurs tellement bon que je suivrai ton incitation à le diffuser.
Ceci dit, je suis presqu'entièrement d'accord avec toi, mais quelques commentaires. Le plus important : tu exclus (p27) une politique fiscale commune, en invoquant la diversité de situations et cultures sociales. L'argument avancé ne me convainc pas, car il est tout autant opposable à la politique budgétaire et financière. Que ce soit difficile à faire passer, je n'en disconviens pas (j'habite Luxembourg...) Mais beaucoup plus que les propositions que tu avances ? Et puis surtout, une politique budgétaire sans politique fiscale risque de ne pas empêcher certains abus (déficits) nationaux, tout comme actuellement, et surtout de provoquer des réactions nationalistes du type de celles des Allemands (et des Français), notamment à l'égard de la Grèce. Il y a dans la diversité des pressions fiscales nationales un germe d'éclatement. Bien sûr, une politique fiscale doit s'appuyer sur une autorité élue au suffrage universel et sur le Parlement européen et non plus sur un parlement national.
Une remarque très secondaire : je suis depuis trop longtemps retraité pour avoir bien suivi l'évolution de la Cour : elle fut, à mon avis, longtemps l'institution la plus efficace de la Communauté. A-t-el perdu ce rang au profit de le BCE ?
Encore une : bravo pour ta définition de ce qu'est un marché (note 1 page 12). Définition quand même très simplifiée, sinon idéalisée. Je pense au rôle joué par certains financiers (Soros à un certain moment, d'autres agents, agences, voire banques qui spéculent,(dont Lehmann et Goldmann Sachs) les paradis fiscaux, etc...
Un dernier mot : tu es banquier, tu défends la banque (p22 de grâce cessons de détruire le bilan des banques). Ce plaidoyer est-il indispensable à la défense de l'Europe ?
Et enfin,dommage que tu n'aies pas présenté brièvement l'objet de l'art.125 du traité de Lisbonne (pour faciliter la lecture).

Merci Globtroter pour tes commentaires.
. Politique fiscale commune : oui il faut une politique fiscale commune, pour définir des impôts européens à lever par une administration fiscale fédérale pour asseoir une politique budgétaire européenne. La passage de l'union douanière à la fiscalité commune est un passage clé que nous n'avons pas encore franchi, oui il faut absolument le faire. Mais cela ne signifie pas qu'il faille que tous les impôts des différents États-membres soient identiques ou définis par la Fédération. Je crois vraiment que l'obsession de la convergence est un miroir aux alouettes, on veut croire que l'Europe est synonyme d'uniformité. Je n'y crois absolument pas, pire je crois que cela est dangereux car facteur de sentiment anti-européen. Oui aux impôts européens pour donner des moyens propres à l'Europe, non à l'uniformité, à la pensée unique du grand frère de Bruxelles.

- ce n'est, pour moi, en aucun cas la différence des fiscalités nationales qui a créé la crise actuelle, mais bien l'absence de gouvernance, en matière de contrôle des politiques budgétaires, en matière de politique économique, en matière de politique de croissance et de compétitivité. Par exemple, ce n'est pas le faible impôt sur les sociétés en Irlande qui a créé la crise, mais la nullité du régulateur bancaire irlandaise et la politique désastreuse des banques irlandaises avant 2008.

- le bilan des banques : le paidoyer est absolument indispensable et pour le financement de l'économie européenne et pour le financement des États. Les banques ont toujours été de gros acheteurs de dettes souveraines, or aujourd'hui les Grands Princes Électeurs, pas démagogie, n'ont rien trouvé de mieux que de complétement discréditer leurs propres signatures auprès des banques. Que l'on veuille faire payer les banques, soit, que le politique décide d'une plus grande imposition du profit des banques, de la limite à imposer sur cetaines rémunérations. Pourquoi pas? Parfait Mais de là à créer une nouvelle crise bancaire en décidant que la dette souveraine détenue par les banques est un actif toaxique, puisque soumis à des réductions arbitraires très fortes, franchement cela sort de l'entendement. On aggrave la crise des dettes souveraines, on créée une crise bancaire, on met à mal le financement de l'économie et on se créé un très grave problème de future financement de la dette. D'ailleurs, clin d'oeil, même l'Allemagne, vendredi dernier, n'a pu lever que les deux tiers de la dette qu'elle aurait voulu lever sur les marchés... On est en train de tout casser, d'aggraver la crise, et cela par incompétence et démagogie.

Je vous trouve particulièrement technocrate.
Vous n'évoquez à aucun moment Keynes. Relisez ces principes et vous verrez qu'il n'est pas compliqué de comprendre pourquoi le monde et l'Europe se retrouvent aujourd'hui dans cette situation.
Sauf erreur, les flux financiers planétaires composés de titrisations et de produits dérivés en tout genre représentent 80% du total. La somme des réserves des banques mondiales un tout petit pour cent (c'est ridicule) et la somme des PIL mondiaux 19%. C'est à la finance mondiale qu'il faut s'attaquer. Vous vous trompez de sujet.
Enfin, vous évoquez une Europe composé d'états égoïstes, une Europe disparate, vous ne croyez pas si bien dire... Savez-vous que l'Italie, où je vis, possède une évasion fiscale uniquement pour l'année 2010 de 125 milliards d'euros ! Elle était de 75 l'année précédente et elle se situe depuis des lustres autour de 50 milliards par an ! (la France pour 2010, c'est 25 milliards)
Je n'évoquerai pas les mafias et l'économie souterraine qui atteignent des sommets qui sont impensables...
Avez-vous déjà vu l’organigramme des employés de la mairie de Milan (je vous invite à aller sur le site) ? Vous y remarquerez des salaires, pour de simples adjoints au maire, allant de 90 000 à 120 000 euros brut annuels !!! Je vous rappelle que Silvio Berlusconi (ancien président du Conseil) a dit, je cite: "qu'il était tout à fait normal de frauder le fisc, dans la mesure où l'on estimait que la somme à payer risquait d'être trop élevée !".
Comment pensez-vous que ce genre de propos agissent sur la conscience collective d'un peuple ?
Je ne vous parlerai même pas de la Grèce, un état tout aussi corrompu... où il n'existe même pas de cadastre digne de ce nom... Je ne plaisante pas...
Certains états européens ont une âme de république bananière, une gestion désastreuse de leurs finances publiques qui ne profitent comme d'habitude qu'au tout petit nombre. A mon sens, avant de parler de crise de la dette, il faudrait peut être s'attaquer à de très très profondes réformes structurelles et faire changer les mentalités et les comportements... Comportements qui dans le cas de l'Italie remontent à César puisque, vous ne le savez sûrement pas, le premier pot de vin remonte à cette époque !

l'un n'exclue pas l'autre. bien au contraire. quel gendarme européen peut-il être suffisamment fort pour nettoyer tout cela, si ce n'est un gendarme crédible, donc fort et efficace, donc légitime, donc démocratique et fédéral?

A Laurent.

Comment pouvez-vous imaginer un gendarme européen qui puissent s'attaquer à la fraude fiscale italienne, à une fonction publique minée par le clientélisme, à une classe politique dont la moitié de ses membres au 2 chambres est inscrite à une loge (nous en sommes à P4) et qui a été incriminée dans toutes sortes d'affaires criminelles ?
Vous rêvez ? Dans quelle réalité vivez-vous ?
Au pied de chez moi, j'ai la brigade financière qui fait tranquillement ses rondes pour aller chercher son "pizzo" chez des commerçants que je fréquente régulièrement et qui de cette manière ne paient ni impôts, ni TVA !
Un gendarme européen...
Le fléau de notre société, je le répète, demeure bien le racket de la finance mondiale (80% des flux) sur l'économie réelle (20%) et la gestion ultra libérale de nos économies disposée au nom de la "croissance", cette absurdité sans nom puisque nous vivons dans un monde fini, à ruiner les états alors qu'elle est allée mendier quelques milliers de milliards de dollars en 2008 pour la sauver des exactions qu'elle avait commises et dont le peuple n'était pour rien !
Ajouter à cela, la mainmise colossale des mafias organisées, l'impunité juridique quasi totale en matière fiscale, des pollutions industrielles qui atteignent des sommets et je crois que vous comprendrez que l'homme se dirige tout droit vers son autodestruction.

J'ai beaucoup apprécié l'analyse des causes de la crise actuelle notamment la culpabilité de l'Allemagne et la France du début des années 2000.
Cet essai apporte un éclairage de spécialiste avec une perspective politique, intelligible pour beaucoup.
Merci!

J'adhère moins à la conclusion même si je partage le souffle qui l'anime.

De fait, la solution proposée est une Euro-zone fédérale. Je suis d'accord que c'est une solution logique et faisable.

Cependant, comme d'autres, je suis très gêné par une évolution qui marginalise la construction européenne "historique", ses institutions et ses membres parfois un peu pénibles comme le Royaume Uni, le Danemark ou la Pologne.
Cela pose deux types de problèmes que j'illustrerai avec le Royaume Uni mais que l'on peut généraliser:

- Le marché unique facilite le commerce mais la concurrence existe naturellement entre les pays, au même titre qu'il existe entre les grandes villes d'un même pays. Cela mène à des spécialisations (avantage comparatif, etc.) et Londres est devenu le principal pôle
financier. En bref, je trouve que c'est du gâchis (en terme
d'efficience économique) de se priver de l'atout d'avoir Londres comme la place financière de l'euro (que la monnaie britannique soit la livre ou pas importe peu, que son gouvernement ait son mot à dire dans le cadre juridique de l'euro, si).

- Je fais plus confiance aux anglais pour préserver la liberté que aux français ou aux allemands. C'est une Europe beaucoup plus pauvre (en âme) et dangereuse qui ne serait même pas capable de trouver un accord de copropriété avec eux. Qui doute que les anglais soient un peuple européen? Ce n'est pas une question de monnaie.

Plus généralement, je pense de plus en plus que l'objectif du fédéralisme "misses the point". Le fédéralisme est juste une forme d'organisation d'un Etat. Elle s'imposerait de façon logique à une Europe constituée en tant que tel.
La question est donc en fait celle d'un Etat européen: un territoire, un peuple, un gouvernement. Le territoire et le gouvernement sont disponibles, reste le peuple. Pour faire d'une population un peuple, il faut conceptualiser une nation.

J'espère voir émerger un mouvement national européen, au sens de Renan. Une nation peut être basée sur une volonté raisonnée et non une origine plus ou moins ethnique. Le reste en découle: solidarité, puissance, cohérence, application effective des lois et des règles.

Merci encore pour cette lecture inspirante!

je suis un anglophile convaincu (pour la petite histoire, mes parents s'étant connus en Angleterre j'ai été élevé dans l'anglophilie) et il n'est pas question de mettre la GB à la porte de l'Europe. Nous avons besoin de leur patriotisme, de leur pragmatisme, de leur libéralisme tant politique qu'économique. Mais d'un autre côté on ne peut pas s'interdie d'avancer parce que les Anglais n'ont pas encore digéré leur perte de pouvoir mondial. Ne nous interdisons pas une Europe à deux vitesses, le fait même de l'accepter poussera la GB à très rapidement faire partie du coeur de l'Europe. Je suis par ailleurs convaincu qu'au plus tard dans 2-3 ans la GB viendra toute seule à l'Euro. Donc rien dans mon texte ne met les Anglais à la porte C'est d'ailleurs pourquoi je regrette tant que nous n'ayons pas utilisé une coopération renforée pour mettre en place l'accord du 9 décembre, cela aurait permis de travailler au sein des traités existant sans mettre la GB en porte à faux.

Aucun sujet pour Londres.

je partage ton analyse du fédéralisme, je ne suis pas fédéraliste par religion, mais juste pour mettre en place la gouvernance démocratique dont nous avons besoin sur les (seuls!) domaines où nous souhaitons une réalité européenne, je suis un fanatique des principes d’attribution, de subsidiarité et de proportionnalité des pouvoirs de l'Union tels que définis dans Lisbonne, et un ardent défenseur de la devise que l'on nous retiré: L'Europe dans la diversité. Pas de jacobinisme européen.

Tu as aussi raison le fédéralisme démocratqiue ne viendra que lorsque les peuples le demanderont, mais je crois qu'il est grand tant de le demander puisque notre Europe est honteusement non démocratique....

Cises it is like a sequence of greece collapse.

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